Au bord des lèvres

Au bord des lèvres
Suit le reste... les mots viendront après

" Hey Jude ! Refrain ... "

Je suis toute seule
Moi, me, je
Toute seule au centre du plateau
Toute seule à habiter les coins
Les quatre coins pour moi toute seule
Mettre mes chaussures toute seule
Sans jamais bien savoir
Laquelle à droite, laquelle à gauche
Ne pas savoir sur quel pied danser
Exactement.

Détourner l'attention
De moi
De moi, me, je
Leur faire voir autre chose
Imaginer autre chose
Ma part manquante
Le côté croqué de la pomme
Mon creux
Ou au contraire
Mes excroissances
Mes membres fantômes
Ce qui est coupé et reste douloureux
Tout ce qui fait moi et qui n'est pas moi
Ces secrets que personne ne voit
Et pourtant là, en évidence, posés sur un plateau
Tout ceux qui m'habitent.

Danser, danser
Ne rien raconter: prendre l'espace.
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# Posté le jeudi 03 décembre 2009 17:06

Modifié le vendredi 04 décembre 2009 11:08

Le temps qui reste

Le temps qui reste
Il me fallait revenir aux sources.
Mes propres ressources, auprès de ce corps qui ne bouge plus à présent. Enfermé dans une boite à 4 cotés, rythmé par un train de vie insupportable. On nous demande de prendre de la vitesse... sans élan. Il suffirait juste de courir, à bout de souffle ... sans jamais se demander : "Pourquoi ? ".
A quoi me sert-il de m'épuiser ainsi, courir ... jusqu'où ? Quel est le but à atteindre ?
A défaut de pouvoir avancer sur la longueur... nous plongeons. Introspection au plus profond de nous même. Je me retrouve face à moi. Angoissée par les questions des plus essentielles. Si tôt .
Je ne me connais pas encore mais il faudrait que j'anticipe. Savoir qui je vais devenir, quels seront mes goûts et pouvoir assumer les responsabilités d'un probable futur échec.
Ne pas m'en vouloir, quand dans 10 ans je maudirai alors la fille d'aujourd'hui qui n'aura pas su choisir la bonne direction. Ne pas décevoir cette femme que je ne suis pas encore.
Se plier aux conditions. Avaler, avaler. Engloutir ses tonnes de pages. Ces produits de l'imagination humaine. La richesse du genre humain. Si terrifiante par son immensité. Devenir Florilège* .
Je suis juste sur le bord de la route... Je n'arriverai pas encore à accomplir cette tâche immense qui est pourtant celle que j'accomplirai un jour. Je veux. Non pour une question d'hommage, d'admiration aux anciens poètes, écrivains et penseurs. Non, car l'hommage n'est rien de bon. "Il ne suffit pas de déposer des fleurs sur les tombes". Il s'agit de faire grandir le monde. Il s'agirait de me faire grandir. "Mais pas trop vite ... pas tout de suite... "

J'aimerai juste me pencher sur le présent. Alors qu'on est sans cesse tourné vers "l' A-venir" , ou alors nous sommes nostalgique déjà de cette enfance perdue. Perdue, car le propre de l'enfance est de ne pas avoir conscience que l'on y est. C'est seulement quand il faut ouvrir d'autres portes que l'on a l'impression de ne pas avoir exploré cette pièce aux milles trésors. Alors est-ce peut être juste une période aveugle qui nous revient par bribes, par souvenirs et images? On pourrait comparer ça à un tunnel . Il y fait très sombre, on n'y voit presque rien. et une fois sortie d'ici, nous pouvons comparer la lumière qui nous arrive , ignorée jusqu'ici, à cette obscurité que nous avions seulement connue.
Je m'emmêle. je ne sais plus écrire.
J'observe , j'entends, j'écoute, j'analyse ... mais il n'est pas encore temps de se lancer seule.
Alors j'essaye timidement de jeter quelques mots en vrac. toutes ces interrogations mêlées ...


J'aimerai juste m'élancer .
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# Posté le jeudi 03 décembre 2009 11:56

Modifié le vendredi 04 décembre 2009 06:10

Les minutes sont éternelles

Les minutes sont éternelles
Rimbaud. Première Soirée

- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
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# Posté le dimanche 29 novembre 2009 11:54

Modifié le vendredi 04 décembre 2009 06:45

Ma chambre est froide et la lumière bleue pâle.
La lune perce à travers les rideaux, un point blanc se reflète au plafond et sur mon épaule nue.
Trouble à 4h du matin. Ce morceau raisonne à fond entre ces murs.
Je suis seule. Seule. Le thorax frissonnant à chaque bouffée d'air glacé.
Je suis nue. Allongée sur le draps blanc. Posée là.
Des questions sur le bord des lèvres.

La rythmique m'abasourdit.
Cette onde envahissante, s'empare de tout l'espace.
Les meubles tremblent, mon pouls aussi.
Endormie

# Posté le mardi 24 novembre 2009 16:03